Projets routiers vs planification écologique : on ne croit plus aux belles paroles d’intention !

Dimanche 24 septembre, le président de la République Emmanuel Macron a donné une interview aux JT de 20H de TF1 et France 2. Il a évoqué plusieurs thématiques comme le réchauffement climatique, prélude de mesures présentées lors du conseil de planification écologique qui s’est tenue le lendemain, lundi 25 septembre.

Mais de quelle écologie parle-t-il vraiment ? Sur le terrain, il y a un décalage entre les discours d’intention et la réalité des actes.

Ce n’est pas nouveau. Nous l’avons vécu ici en Alsace avec le projet de l’A355 de contournement ouest de Strasbourg imposé en 2018 contre toute logique environnementale (7 avis négatifs au moment du démarrage des travaux. Il y en 10 au total depuis). A l’époque, le président de la République parlait déjà d’écologie, puis d’écologie pragmatique et puis… En 2023, l’Etat est une nouvelle passée en force dans le sud-ouest avec le démarrage des travaux du projet d’autoroute A69 – Castres–Toulouse. 6 autres projets autoroutiers sont en cours ou en gestation. Une centaine de projets routiers existe sur le territoire. Un constat qui tient compte uniquement de l’aspect routier des projets.
On pourrait aussi vous parler du cas « Stocamine » dans le Haut-Rhin dont l’Etat s’entête à vouloir confiner 42 000 tonnes de déchets toxiques alors qu’une menace réelle pèse sur la plus grande nappe phréatique d’Europe, la nappe phréatique rhénane.

Mardi 26 septembre, le ministre délégué chargé des Transports était l’invité de France Inter, au lendemain de la présentation des axes de planification écologique par le président de la République.

« Je prendrai des décisions fortes dans les prochaines semaines« , a assuré le ministre délégué chargé des Transports Clément Beaune mardi 26 septembre sur France Inter, promettant que « plusieurs projets » d’autoroutes « seront arrêtés« . « On n’a jamais fait ça dans notre pays« , a également affirmé le ministre.
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« Pour beaucoup de projets, on prendra des décisions courageuses d’arrêt, parce qu’il faut qu’on soit cohérent : à l’heure de la planification écologique, on ne peut pas faire comme avant », a ajouté Clément Beaune. « On a déjà divisé par deux les kilomètres de routes qu’on construit dans le pays. Et on va continuer cet effort : plus de rails et moins de routes.« 

Dans les réactions, nous avons relevé celles-ci :


Les propos du ministre des Transports nous interpellent :

Quels projets routiers ? Pour le moment, il est resté évasif. Il crée une spéculation sur les probables projets autoroutiers en gestation qui pourraient être abandonnés, tout en refusant de remettre en cause ceux en cours comme celui de l’A69 Castres – Toulouse dont les travaux ont démarré depuis quelques semaines. Dans les faits, le ministre a les mêmes propos qu’il a déjà tenus en avril/mai. Il manie avec subtilité la langue de bois. Il n’ignore pas la demande de moratoire de La Déroute des routes. Le déni étatique reste intact. Quid de la centaine de projets routiers sur le territoire. Faire croire sans agir réellement ou pas, là où les luttes locales l’attendent, ça suffit ! — notre réaction sur X

Ce que nous voulons, ce sont des mobilités choisies, et non subies, accessibles à toutes et tous !

Une fois de plus, beaucoup de blabla-bla, annonces d’intentions et puis? Le gouvernement n’a pas besoin d’attendre que les progrès technologiques espérés autour de la voiture électrique par exemple, fassent baisser les émissions de CO2. C’est de la foutaise. Agir sur le trafic routier, faire le lien sur la nécessité d’augmenter le financement pour développer du vélo, des transports en commun, rendre les TER plus accessibles et fiables et arrêter tous les projets routiers comme nous le demandons avec La Déroute des Routes — le moratoire sont autant d’actions directes immédiates qui manquent dans la planification écologique.

Agir sur le trafic routier pour le réduire et donc faire baisser les émissions de CO2 n’est toujours pas pris en considération dans les intentions gouvernementales.


Le collectif GCO NON MERCI dans ses 10 solutions pour faire sauter les bouchons,
milite pour des mobilités douces et durables