La circulation différenciée et le GCO

L’annonce par l’Eurométropole Strasbourg de la mise en place de la circulation différenciée dés septembre pour répondre aux problématiques liées à la pollution atmosphérique que connaît la capitale européenne nous interpelle sur l’utilité du projet GCO. Jean-Marie Wilhelm, membre de notre collectif, est intervenu dans le courrier des lecteurs des DNA.
« L’Eurométropole a annoncé lundi la mise en place de la circulation différenciée (vignettes Crit’Air) à partir du 1er septembre de cette année.
Il ne fait pas de doutes que des décisions radicales s’imposent dans le département, et dans l’Eurométropole en particulier, afin que l’air que nous respirons revienne à des normes sanitaires décentes : on dénombre 48 000 morts prématurées par an dans notre pays, soit 480 environ dans le département du fait de la mauvaise qualité de l’air, quinze fois plus que le nombre de morts dus aux accidents de la route. Cette hécatombe annuelle ne suscite pas d’émotion particulière auprès du gouvernement ni de nos élites locales : ce serait la rançon du progrès…
Dans la zone concernée par le Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA), c’est-à-dire 28 communes autour de Strasbourg, la qualité de l’air était « médiocre à très mauvaise » pendant 90 jours en 2013 et 77 jours en 2015. Au 15 février, l’année 2017 comptait déjà 20 jours d’air de qualité insuffisante, dont 8 classés mauvais et très mauvais (site www.atmo-alsace.net de l’ASPA).
L’Eurométropole, tout en faisant mine d’agir, se trompe une nouvelle fois d’échelle avec cette mesurette. D’abord on ne peut pas réduire une pollution en augmentant les sources de pollution : le Grand Contournement Ouest (A355) que cette instance soutient avec ferveur depuis le retournement de veste de Roland Ries en 2013 devrait accueillir 30 000 véhicules dans quelques années selon son concessionnaire. Mais ce que l’on sait moins, c’est que l’axe urbain actuel accueillerait toujours 149 000 véhicules/jour (page 41/114 du rapport des experts du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable de septembre 2013), ce qui fait 179 000 véhicules en tout, davantage que la circulation actuelle sur l’autoroute urbaine. Et c’est un minimum puisque l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et l’Autriche taxent toutes leur trafic de poids lourds. Par voie de conséquence, la France devient le territoire de prédilection quasi gratuit des camions de toutes origines.
Donc on nous fait croire que la pollution issue du trafic routier serait moindre avec une autoroute en plus, alors que l’on sait dans le même temps que tous les constructeurs trichent…
Bien sûr, la circulation différenciée prétendra corriger tout cela en interdisant l’accès de l’agglomération certains jours et à certains véhicules. Mais les experts de l’ASPA font valoir que les normes ne pourraient être respectées qu’avec une division par deux des émissions du transport routier au quotidien (page 142 du PPA d’avril 2014). Mission impossible sans un renforcement très énergique des transports en commun. On est très loin du compte.
Pas avare de fantasmes, l’Eurométropole, perverse à souhait, va jusqu’à faire croire que l’actuelle A 35 pourrait être convertie en boulevard urbain. Et pour faire bonne figure, l’Adeus produit la photo d’une deux fois deux voies paisible au milieu d’une forêt urbaine (travail du cabinet Alfred Peter), cf article des DNA du 9 février.
Si le GCO est mis en service, ces mêmes Strasbourgeois vont tomber de haut : la pollution sera toujours identique, voire pire sur la ville et le trafic insupportable. Il n’y a pas d’autre solution que de réduire la place de la voiture et du camion en ville : par manque de courage et de vision de ceux qui nous gouvernent, le ferroutage n’a jamais été exploré, le tram-train maintes fois promis et reporté ne verra pas le jour, le transport fluvial électrique n’est même pas esquissé, l’écotaxe a été abandonnée par les parlementaires lors du vote du budget 2017. Le GCO est la pire réponse à un vrai problème de mobilité vers et autour de l’agglomération et la circulation différenciée ne réduira pas la pollution de fond dans l’Eurométropole.
Bonjour l’avenir !
Le Collectif GCO Non Merci dénonce les contrevérités de l’État et de nos collectivités territoriales depuis quinze ans. »
M. Jean-Marie Wilhelm,
Collectif GCO Non Merci


Commission enquête publique 2006! (source DRE)

pollution_at001


https://www.certificat-air.gouv.fr/
https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A10135
https://www.crit-air.fr/fr.html

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