En plus du GCO, le remembrement aura des conséquences.

La face cachée du Contournement ouest de Strasbourg est les conséquences supplémentaires sur la nature, faune et flore qu’entraine l’opération d’aménagement foncier consécutif au projet et qui a pour objectif de compenser les pertes de superficie de certaines parcelles, en redistribuant des terres. 

En détail, l’aménagement foncier, financé par Vinci à hauteur de 11 millions d’euros et réalisé sous la maîtrise d’ouvrage du Conseil départemental, concerne 29 bans communaux dont 18, situés sur le tracé, sont plus largement impactés. Une opération comparable à celle liée à la LGV (ligne à grande vitesse) Paris-Strasbourg, avec des compensations environnementales et économiques plus importante : grand hamster, zones humides, espèces protégés.

L’opération concerne 7 800 propriétaires, 450 exploitations agricoles, environ 30 000 parcelles cadastrales sur 10 600 hectares.

DNA du 7/11 – EXTRAIT – “Outre les compensations environnementales prévues sur 1 315 hectares directement liées à la construction de l’autoroute, il y a celles prévues suite à l’aménagement foncier. Cette compensation doit être concertée et acceptée par tout le monde. « Cela se passe plutôt bien », estime Gérard Bossu. Elle doit être calée sur le schéma régional de cohérence écologique qui est suivi par les services de l’État (Dreal). L’avis de l’autorité environnementale, en fait du préfet, ne sera donné que l’année prochaine. « On aimerait être plus loin ». Il y aura certainement des dossiers de dérogation pour la destruction d’espèces comme le grand hamster, quasiment présent partout. « L’État dira, il faut déroger mais on ne connaît pas encore le volume », précise l’ingénieur.

« Cela prend du temps pour éviter un maximum les impacts », poursuit Etienne Burger. « Il y a des choses qui s’imposent, une haie où loge une espèce rare par exemple, il faut trouver la compensation ». Selon lui aussi, « il n’y a pas de tensions particulières lors de la concertation. Nos techniciens ont assez de bouteille pour gérer ».”

En France il y a des règles environnementales, des organismes d’Etat censés s’assurer que les règles sont respectées et pourtant, encore une fois, ici dans ce dossier hors norme, l’Etat en la personne du préfet, s’apprête à déroger une nouvelle fois en accordant des dérogations pour la destruction d’espèces comme le grand hamster, alors que l’espèce est en voie d’extinction.

Recommandations de la Convention citoyenne, urgence climatique, le déni de l’Etat vis-à-vis du dossier “GCO” est insupportable.

La face cachée du GCO n’est pas vraiment une surprise pour le collectif. Combattre le projet était aussi pour éviter les conséquences de l’autorisation unique (AU) signé le 30 août 2018, contre toute logique environnementale et dont nous attendons toujours le jugement sur le fond du tribunal administratif de Strasbourg, alors que les travaux avancent à marche forcée.
L’aménagement foncier sont des conséquences subies. Elles feront l’objet de procédures auxquelles les défenseurs de la nature seront vigilants, avec probablement de nouvelles actions en justice à prévoir.