[COMMUNIQUE] GCO : Vinci et la politique de la terre brulée

 
Communiqué de presse
Dimanche 3 septembre 2017

GCO : Vinci et la politique de la terre brulée

Le 14 juillet 1990, François Mitterrand s’émouvait à propos des arbres sans défense qu’on abat. Cette déclaration allait impliquer le plus haut niveau de l’Etat dans la deuxième affaire de Marckolsheim (projet de défrichement de 50 ha de forêt rhénane) et le conduire à dépêcher trois ministres à Strasbourg pour tenter de sortir de la crise.Aujourd’hui, la multinationale Vinci s’apprête à déboiser plusieurs dizaines d’ha de forêts à Vendenheim et Kolbsheim, et il semble que MM Macron et Hulot « regardent ailleurs » (1).

Ils feraient pourtant bien de regarder de près, car le massacre que Vinci programme n’est pas justifié par le chantier du GCO – pour lequel Vinci n’a pas encore les autorisations et ne les aura peut-être jamais – mais par le diagnostic archéologique qui ne concerne que 5 % de la surface forestière !

Vinci et l’Etat se retranchent derrière l’arrêté préfectoral du 24 janvier 2017 qui autorise effectivement ces travaux. Ils oublient d’une part que le Conseil national de Protection de la Nature (CNPN) avait dans un premier avis pointé l’incohérence entre les besoins du diagnostic archéologique et le déboisement total prévu, et que, dans son avis défavorable du 11 juillet, il considère explicitement que les mesures compensatoires prévues par Vinci sont notoirement insuffisantes compte tenu du caractère remarquable de ces anciennes forêts de plaine.

Ils oublient d’autre part, que l’arrêté du 24 janvier est en attente de jugement par le Tribunal Administratif.

Nous sommes donc dans une situation ubuesque où le même déboisement :

  • est autorisé pour le diagnostic archéologique (qui n’implique en rien la réalisation future du chantier et qui ne concerne que 5 % de la surface forestière),
  • et ne l’est pas pour le chantier proprement dit.

Vinci choisit donc la politique de la terre brûlée et prend le risque de détruire des forêts remarquables pour un projet qui reste hypothétique.

L’Etat va-t-il cautionner de telles pratiques en se réfugiant derrière des procédures ineptes, alors qu’on ne cesse de parler de transition écologique et d’Etat exemplaire ?

Rappelons par ailleurs que, suite aux incidents tragiques de Sivens, l’Etat, par la voix du Président de la République, s’était engagé à ne pas recréer de telles situations de tensions, tant que les voies contentieuses normales n’étaient pas épuisées. Or, ici, nous sommes exactement dans ce cas de figure : un recours en instance, des doutes sérieux sur la pertinence du projet, une attitude arrogante de Vinci, et des opposants déterminés. Tout pour rendre la situation explosive.

Le collectif GCO non merci demande à l’Etat de temporiser et d’éviter la provocation que constituerait le début des déboisements ces prochains jours, sachant que des contentieux sont encore en instance et que des discussions sont prévues avec les ministères.

(1) Extrait de la phrase d’ouverture du discours de Jacques Chirac, inspirée par Nicolas Hulot, devant l’assemblée plénière du 4ème sommet de la terre le 2 septembre 2002 à Johannesbourg.
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