La folie des projets routiers continue, malgré de farouches luttes locales

Malgré des oppositions locales croissantes, rocades et contournements continuent de sortir de terre. Leur coût écologique est pourtant connu, tout comme leur relative inefficacité pour désengorger les villes. Pourquoi la lutte contre ces projets routiers est-elle si difficile ? Le journal Reporterre, dans une enquête parue le 18 septembre – « la folie des projets routiers continue, malgré de farouches luttes locales », développe la question en quatre points.

  • Le «désengorgement» grâce à une rocade… Un argument faux mais difficile à combattre ;
  • Les nuisances de la route sont rarement prises en compte ;
  • Contre les rocades, des recours juridiques longs et incertains ;
  • Le poids des élus locaux reste prépondérant

Parmi les exemples évoqués, celui du Contournement Ouest de Strasbourg.

10 à 20% de trafic en plus à venir avec le GCO

Quand GCOnonmerci pointait le fait que le projet de contournement de Strasbourg était une mauvaise réponse à de vrais problèmes, le collectif ne le disait pas pour le plaisir de le dire. Avec un trafic estimé à 160 000 véhicules/jour sur l’actuelle A35 traversant Strasbourg, c’est 10 à 20% de véhicules en plus que le GCO va provoquer avec sa mise en service.
Où va se retrouver cette augmentation de trafic ? En amont et en aval du GCO. Au nord, au-dessus de Vendenheim sur l’A4 et l’A35. Au sud, en-dessous de Innenheim, sur l’A35 et sur l’A352 en provenance de la vallée de la Bruche. Au centre, sur la D1004 (anciennement N4), sur l’axe Saverne-Strasbourg.

Le trafic pendulaire ne va pas s’améliorer avec le GCO – photo « occupe ton rond-point » 2017

Cette augmentation de trafic à venir n’est pas une invention. Dans l’enquête réalisée par Reporterre, la journaliste explique ce phénomène sous-évalué par les promoteurs et qui porte le nom de « trafic induit ».
En clair, la nouvelle route de Vinci va créer un afflue supplémentaire de véhicules, notamment du trafic de poids-lourds, transformant la plaine d’Alsace en couloir à camions.

Extrait – “Dans des villes embouteillées, la création d’une rocade apparaît souvent comme une solution miracle. À Strasbourg, « les 24 kilomètres de contournement autoroutier ont été vendus au public avec l’idée qu’ils allaient désengorger la section urbaine de l’A35 », indique le collectif GCO Non merci dans un courriel. Idem à Montpellier ou encore à Maubeuge[…].
Sauf qu’il y a un hic, et de taille. « Les contournements routiers ne règlent pas le problème des bouchons à long terme, dit Frédéric Héran, économiste spécialiste des mobilités. On constate, avec une très grande régularité, que les nouvelles capacités routières, créées précisément pour “désembouteiller”, sont très vite saturées. » Ce phénomène porte un nom : le trafic induit. « Pour justifier et dimensionner une nouvelle infrastructure routière, les ingénieurs font des études de trafic à l’aide de modèles très sophistiqués, explique M. Héran. Mais une fois les travaux réalisés, l’infrastructure finit quasi systématiquement par attirer un nombre de véhicules supérieur à ce qu’avait prévu le modèle. » D’après les centaines de cas étudiés à travers la planète, le trafic augmente de l’ordre de 10 % à court terme et de 20 % à long terme par rapport à ce que prévoient les modèles.”

Enquête Reporterre à lire dans son intégralité ici :

Nous n’avons pas à rougir de ce que nous avons entrepris !

Avec l’avancement des travaux qui piquent aux yeux, des médias qui ne donnent pas toujours la parole aux opposants lorsqu’ils font la promo du GCO, quelques voix s’élèvent pour critiquer ce que nous n’aurions pas fait de plus pour empêcher le projet de démarrer.

Alors oui, peut-être nous aurions dû faire « péter » quelques machines, organiser un sabotage plus offensif, mais à l’arrivée, aurions-nous eù gain de cause ? Pas sûr, d’autant que celui qui dit ce que nous aurions dû faire est bien souvent planqué derrière son écran. Le « Yakafaucon » (y’a qu’à, faut qu’on) aurait-il pris le risque d’aller en prison pour cela ?

En tout cas, nous n’avons pas à rougir de ce que nous avons entrepris.

Notre réalité de lutte a été : l’Etat nous a marché sur la figure, puis nous a maintenu au sol grâce aux gendarmes et Vinci est passée.

Pour autant, nous sommes là et toujours là !