L’art de la com : ne dites plus « A35 », mais « Parc urbain » ou comment faire croire que…

Tribune en réponse à la communication lancée par l’Eurométropole Strasbourg mardi 2 juillet 2019, à vendre la requalification de l’A35 en Parc urbain grâce au GCO…

« L’objectif est de faire de “cet espace” un parc urbain, de reconstituer un poumon vert pour l’agglomération », a expliqué M. Herrmann lors d’une conférence de presse, mardi 2 juillet 2019, rapporte l’AFP.

Voilà que Robert Herrmann, Président de l’Eurométropole de Strasbourg, vend la requalification de l’A35 strasbourgeoise grâce à l’arrivée du GCO, ce contournement Ouest de Strasbourg que nous qualifions d’inutile et nuisible à l’environnement, dans une communication offensive bourrée de mensonges et d’images “vertes”, servantes à influer l’opinion.

Ici, l’Eurométropole promeut le « Parc urbain » défendu par M. Herrmann, très critiqué et isolé dans sa famille politique, comme un lègue qu’il tente de nous vendre pour sa fin de carrière (il ne sera pas candidat à la ville de Strasbourg en 2020 et dit vouloir se mettre en retrait de la vie politique à l’issu de son mandat). Il ne faut pas tomber dans le piège et faire dans le sentimentalisme.

Ne dites plus « A35 », mais « Parc urbain »

L’autoroute qui longe l’agglomération de Strasbourg deviendra un « parc urbain » dans les prochaines années, avec une vitesse de circulation réduite et des espaces verts.

Requalifier l’A35 en parc Urbain, dans le monde de l’utopie, on pourrait y croire, mais pas à Strasbourg. Dans une ville où la pression immobilière explose face à la raréfaction des espaces disponibles, les quelque 600 hectares que l’on parle, sont une formidable aubaine pour les promoteurs tels que Vinci. Ne vous y trompez pas.

Les belles images du projet avec tous ces arbres, sont un trompe-l’œil.

La com évoque “des espaces verts”. De quelle superficie réelle parle-t-on ? Pourquoi attendre cette opportunité ? L’exemple le long de l’avenue du Rhin, dans le nouveau quartier du Danube, est criant de la politique immobilière à Strasbourg : du béton, encore du béton et… quelques arbres !

“La transformation est rendue possible par la réalisation du Grand contournement ouest (GCO), une rocade autoroutière à péage de 24 kilomètres autour de Strasbourg, contestée par les écologistes, qui doit capter le trafic de transit et ainsi diminuer la circulation à l’intérieur de l’agglomération, selon l’Eurométropole.”, tel que retranscrit l’AFP.

Toute cette verdure qu’ils veulent nous vendre, est comme à la belle époque où l’on vendait le GCO comme LA solution aux bouchons. Aujourd’hui, on sait que l’objectif du contournement a pour intérêt unique de transformer l’Alsace en couloir à camion afin de faciliter la circulation des marchandises. Le GCO est tellement utile (comprenez l’inverse), que dans la recherche de solutions pour délester les voitures du futur boulevard urbain saturé avant l’heure, avec ces quelque 140 000 véhicules/jour semaine (160 000 aujourd’hui sur l’A35 traversant Strasbourg), l’hypothèse de rouvrir l’ex-route EDF à l’Est le long du Rhin est une piste.

La réalité des chiffres et les mensonges…

Le GCO permettra d’absorber un peu plus de 10% du trafic routier actuel sur l’A35 traversant Strasbourg. La com officielle martèle avec insistance de dévier le trafic de transit poids lourd par le contournement en omettant volontairement d’évoquer le trafic camions qui continuera à se rendre à Strasbourg pour livrer/charger les marchandises. Ainsi, dans l’imaginaire des utilisateurs de l’autoroute, ils pensent voir disparaître les camions et tous ceux qui ne font que passer la ville. Dans la réalité, avec un trafic estimé à 140 000 véhicules/jour semaine, une voie en moins dédiée au transport en commun, la saturation de l’axe restera quasiment identique à ce qu’il est aujourd’hui. Cette réalité, n’est pas comprise puisque nos détracteurs continuent à nous dire que ce n’est pas nous qui sommes dans les bouchons tous les jours, en oubliant, que bon nombre des personnes qui militent contre le contournement, sont également impactées par ces conditions. L’avenir nous donnera malheureusement raison dans nos mises en garde. Ce n’est pas faute d’avoir pointé les incohérences du projet (GCO) à moins que le jugement sur le fond sur l’autorisation unique stoppe les travaux. Mais ceci est une autre histoire.

“Grâce à cette rocade et à de nombreuses mesures pour développer les modes de transport alternatifs à l’automobile, les pouvoirs publics comptent diminuer de 46% à 32%, soit 14 points, la part de la voiture individuelle dans les déplacements de l’agglomération d’ici à 2030, a rappelé M. Herrmann”, explique l’AFP.

La réalité de la politique environnementale de l’État se mesure tous les jours un peu plus sur le chantier du GCO.

Désolation à la sortie de l’hiver sur la zone du Moulin à Kolbsheim.

2030 c’est demain. Quand on sait que cela fait 20 ans que rien n’a été fait afin de favoriser un GCO permettant seulement d’adsorber 10% du trafic actuel de l’A35, Robert Herrmann a dû fumer des substances illicites pour sortir des chiffres tels que donnés.

Bref, une fois encore, on prend les gens pour des abrutis sans cervelle, dans l’espoir de boire les belles paroles d’une réalité qui ne seront pas celles au final vendu.
Quel financement ? Qui paiera ? Quelle réalité des faits, face à la circulation ? Etc. Autant de questions qui restent ouvertes, pas vraiment abordé comme le financement. Un projet qui verra le jour peut être dans 30, 40, voir 50 ans (quand nous serons tous morts des canicules à 50°)… Parce qu’aujourd’hui, il y a des urgences qui demandent des actes et pas de promesses et encore moins de projets trompeurs avec de belles images de verdures qui ne seront pas la réalité des faits à l’arrivée.

Agir pour le climat, à
préserver notre planète, c’est avoir le courage politique de stopper le GCO et travailler sur le grenelle des mobilités porteur d’idées plus en phase avec les déplacements pour demain. Voilà l’acte sur le terrain qui montrera enfin qu’Emmanuel Macron, Président de la République, met ses propos en phase avec l’urgence dans laquelle nous sommes…