Grenelle des mobilités : Robert Herrman et Jean Rottner avec 15 ans de retard !

Bravo à Robert Hermann, Président de l’Eurométropole Strasbourg et Jean Rottner, Président de la Région Grand Est, pour le lancement jeudi 15 février 2018, du grenelle des mobilités avec… 15 ans de retard !

Déjà lors des vœux du maire à Vendenheim, en début d’année, Robert Herrmann avait évoqué la mise en place d’un Grenelle des transports.
Si le terme est ambigu, mais admis (voir plus bas – 1), ce grenelle version Herrmann ne viendra que s’ajouter à une pile de rapports, de travaux de comités Théodule et autres commissions destinées plus ou moins à enterrer les problèmes.

Fort d’un feu vert politique en faveur du GCO, les masques tombent. Nos élus locaux favorables au projet, reconnaissent aujourd’hui sans complexe que le contournement ouest de Strasbourg ne suffira pas, à lui tout seul, de résorber l’encombrement de l’A35 traversant la capitale Alsacienne, ni de baisser de manière significative la pollution, là où il y a encore pas si longtemps, ils en faisaient un argument premier. Aujourd’hui, ils soutiennent un projet dont l’unique but est de favoriser le transit de marchandises dans un axe nord/sud et de transformer la plaine d’Alsace en couloir à camions. Nous sommes donc dans un projet purement économique au service d’une multinationale : Vinci.

Nous pourrions nous réjouir d’entendre messieurs Herrmann et Rottner, évoquer des solutions alternatives au tout-voiture comme par exemple un RER Strasbourgeois, défendu entre autres par nos amis d’ASTUS ou encore d’évoquer le covoiturage pour réduire le nombre de véhicules sur la route et ainsi permettre une meilleure fluidifiée du trafic. Sauf qu’il y a comme un certain “foutage de gueule”.

Le collectif GCO non merci défend les mobilités durables depuis des années. Nous avons regroupé un certain nombre de propositions dans un livret édité en 2014 : les « 10 solutions pour faire sauter les bouchons ». Jusqu’à très récemment (courant 2017), ni la Région, ni le Département et encore moins l’Eurométropole, avaient voulu entendre les arguments des opposants, arque-bouté à vouloir le GCO.

Aujourd’hui, les élus favorables au contournement, voudraient nous faire croire qu’ils s’intéressent à la souffrance quotidienne des automobilistes à subir les bouchons et de vouloir interagir sur la pollution liée au trafic routier, tout en voulant défendre un contournement qui ne sert à rien au regard de report de trafic : 4,8% estimé dans le rapport de la commission d’enquête publique de 2006. Pour compenser cette inutilité, ils nous sortent un grenelle des mobilités pour trouver des solutions dans une réflexion qui aurait dû être mise en oeuvre il y a 15 ans.

(1) Pour les jeunes générations :
Accords de Grenelle 25-27 mai 1968 – Le nom de Grenelle provient du lieu où se négocièrent les accords, au ministère du Travail situé rue de Grenelle à Paris lors d’une réunion tripartite entre gouvernement, patronat et syndicats