Sécheresse : Vinci, les agriculteurs, … sont pointés du doigt !

Sécheresse – L’agriculture grosse consommatrice d’eau, mais pas que. Les Travaux publics le sont aussi, comme actuellement sur le chantier du GCO à l’Ouest de Strasbourg avec plusieurs millions de litres gaspillés depuis des mois…

A la problématique du manque d’eau, la réponse du ministre de l’agriculture a de quoi étonner, rapporte le JDD. Julien Denormandie veut simplifier les procédures pour faciliter la création de retenues d’eau pour faciliter l’arrosage des cultures, notamment celle du maïs. Or, “les retenues d’eau (dites collinaires) sont des solutions simplistes, qui privatisent (la ressource et) aggravent la sécheresse des milieux naturels en aval.”

La question n’est pas de créer des retenues d’eau, mais de comment gérer le déficit qui ne régénère plus suffisamment les réserves d’eau. L’agriculture est pointée du doigt, mais elle n’est pas la seule en cause. Les travaux publics à l’exemple des chantiers du GCO à Strasbourg, comme de nombreuses industries, utilisent de grandes quantités d’eau.

LA BATAILLE DE L’EAU A DÉJÀ COMMENCÉ :

” La bataille de l’eau a déjà commencé. Dans les Deux-Sèvres, un projet visant à créer 19 retenues a été revu à la baisse. Dans les Vosges, une plainte a été déposée contre Nestlé Waters, la multinationale qui exploite l’eau de ­Vittel. Dans le Lot-et-Garonne, deux dirigeants de la chambre d’agriculture viennent d’être condamnés à de la prison ferme pour la construction illégale d’une retenue, le lac de Caussade. Sans oublier le barrage de Sivens, dans le Tarn. En 2014, ­Rémi ­Fraisse, un jeune opposant au projet, a perdu la vie lors des affrontements avec les forces de l’ordre. “


JDD – Face à la sécheresse en France, la guerre de l’eau a commencé

“Face aux sécheresses répétées, certains appellent à aller plus loin. « Les agriculteurs doivent changer de paradigme”, exhorte Arnaud ­Schwartz, le président de l’association France nature environnement (FNE). « Nous devons passer à un modèle beaucoup plus résilient, trouver des solutions fondées sur la nature », renchérit la députée ­Frédérique ­Tuffnell”, précise le JDD.

LIMITER LES SÉCHERESSES EST POSSIBLE !
LES POUVOIRS PUBLICS RESPONSABLES PAR LEUR ABSENCE D’ANTICIPATION.

Dans les solutions simplistes, augmenter la facture de l’eau paraît être une réponse pour limiter la surconsommation observée. Sauf qu’il ne s’agit pas de faire payer plus cher l’eau aux agriculteurs et ou aux industriels qui feront répercuter ces hausses. La question n’est pas l’argent, mais comment rationaliser l’eau de manière plus strict afin que ce ne soit pas uniquement le particulier qui soit le plus fortement impacté par les restrictions. Cela veut dire qu’il faille peut-être revoir les modes de culture, comme évoqué précédemment dans l’article, mais pas que.

Limiter les sécheresses à répétition est possible. Le JDD l’évoque en conclusion de son article. L’agroécologie est une piste. “Replanter des haies pour retenir l’eau. Des arbres pour avoir de l’ombre. Couvrir toute l’année le sol de végétaux pour retenir l’humidité. Éviter le labour et les pesticides pour maintenir la vie souterraine, la matière organique, qui favorise elle aussi la rétention d’eau. Et préserver les zones humides. Afin d’inciter les agriculteurs à s’engager dans cette voie[…]”

Les pouvoirs publics ont aussi une lourde responsabilité face aux sécheresses qui se répètent. Le manque d’anticipation est un facteur aggravant. Ce n’est pas faute d’avoir été mis en garde par les ONG. Cela montre également le décalage qui existe entre les discours d’intention et la réalité sur le terrain. Les exemples ne manquent pas et du côté de Strasbourg, nous avons celui du contournement Ouest de Strasbourg, validé par l’État contre sept avis négatifs (deux enquêtes publiques et cinq organismes d’État).

“Aujourd’hui, on ne peut plus nier la question du changement climatique : on est en train de vivre cette réalité”, explique Emma Hariza. Et si l’homme est l’espèce vivante la plus capable de s’adapter à ce type de changements, “on est face à des populations aujourd’hui extrêmement sédentaires, et nos sociétés n’ont plus l’expérience de cette modification aussi rapide. En quatre ans les choses ont changé : depuis quatre ans, on bat des records historiques permanents”.


explique Emma Haziza sur France Inter le 3 août 2020

GCO : UN MORATOIRE RESTE D’ACTUALITÉ !

A Strasbourg, le collectif GCO NON MERCI maintient sa volonté d’un moratoire sur le GCO. Une position qui fait sourire un certain nombre de personnes face à l’avancement des travaux, mais qui reste cohérente. D’une part, parce qu’il reste un recours sur le fond au tribunal administratif, non jugé sur l’autorisation unique environnementale. D’autre part, parce que si l’État veut envoyer un message fort, il peut décider l’arrêt des travaux et l’abandon du projet avec une remise en état des terrains impactés… Parce que même si cela à un coût, les pouvoirs publics ont une responsabilité législative à mettre une politique qui tient compte des enjeux climatiques et sociaux. C’est aujourd’hui qu’il faut agir, pas dans dix ans !