Loi Climat & Résilience : Un rendez-vous manqué pour le climat et la justice sociale.

A la veille du vote solennel à l’Assemblée nationale de la loi Climat et Résilience, une conférence de presse sur le projet de loi a été donné lundi 3 mai par le par le Réseau Action Climat, dont France Nature Environnement est membre. Arnaud Schwartz, son président, a pris la parole pour faire le bilan et rappeler que changement climatique et inégalités sociales sont étroitement liés.

Le réseau action climat dénonce le double échec écologique et démocratique de la loi Climat. Lundi 3 mai, à la veille du vote solennel du projet de loi climat et résilience à l’Assemblée nationale, le Réseau Action Climat fait le point sur le texte.

UN RENDEZ-VOUS MANQUÉ POUR LE CLIMAT ET LA JUSTICE SOCIALE ET DE NOMBREUX DYSFONCTIONNEMENTS DÉMOCRATIQUES

21% des amendements jugés irrecevables, limitation du temps de débat parlementaire, sans oublier un groupe LREM donnant l’impression d’être très largement cantonné à un rôle de caisse de résonance du Gouvernement : sur ce projet de loi, le ton a vite été donné “circulez y’a rien à voir”. De ce fait, l’ambition du texte, à la fois du point de vue du climat mais aussi de la justice sociale, se trouve réduite à une peau de chagrin sans compter le piètre exemple de débat démocratique qui en résulte. Bien que des nombreux amendements ambitieux aient été déposés par des députés de tous bords, cela n’a pas suffi à dépasser le blocus du Gouvernement et d’une partie de la majorité au Parlement qui s’opposait à rehausser l’ambition du texte.

LES ENJEUX DE JUSTICE SOCIALE RESTENT ABSENTS DU PROJET DE LOI ET LA FRANCE N’EST TOUJOURS PAS EN SITUATION D’ATTEINDRE SES OBJECTIFS SUR LE CLIMAT

Sur de nombreux sujets, le texte dissimule mal son cruel manque d’ambition. Malgré la volonté affichée d’interdire les extensions d’aéroports, aucun des projets actuellement en débat n’est concerné ; seules 1 à 3 lignes aériennes intérieures fermeront, l’objectif concernant la fin de vente des véhicules polluants ne concerne au final qu’1 à 3 % des véhicules mis sur le marché, etc.

LE GOUVERNEMENT CARICATURE LES ÉCOLOGISTES POUR VERDIR SA LOI

Dans une tribune du 18 avril, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, soutient l’idée que la polarisation stérile du débat serait le résultat de demandes trop ambitieuses. 

Cependant, formuler des demandes sur ce qui est nécessaire pour respecter nos objectifs climatiques ne devrait pas bloquer mais plutôt libérer les débats. L’influence des lobbies défendant des intérêts particuliers devrait davantage inquiéter que le plaidoyer des organisations environnementales dont l’objectif est de défendre l’intérêt général, en s’appuyant sur des faits scientifiques.

Le Réseau Action Climat constate, comme les 150 citoyens et citoyennes tirés au sort qui l’ont appris à leur dépens, que la communication du Gouvernement cachait une fois de plus la défense des intérêts de certains acteurs privés, éloignant ainsi encore un peu plus notre pays de la transition écologique juste, dont nous avons pourtant urgemment besoin

Ainsi, le Gouvernement a transformé l’espoir autour de ce projet de loi climat issu des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat en un double échec : écologique et démocratique.

Au Sénat maintenant de relever l’ambition du texte … contre l’avis du Gouvernement !

RDV aussi le 9 mai à la marche pour le climat

Source Le Réseau Action Climat

VUE D’ALSACE AVEC LE GCO

En Alsace, avec le GCO, cette autoroute à péage en cours de travaux et dont l’ouverture est annoncée d’ici à début 2022, un projet qui rappelons-le a été imposé par l’Etat en septembre 2018 contre toute logique environnementale, nous sommes malheureusement témoins du décalage politique entre les discours d’intention du président Macron et la réalité sur le terrain que la loi Climat ne va pas freiner dans un avenir immédiat.

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